Lodz

Lodz (qui se prononce « Woutche » en polonais) est une ville qui a connu un essor considérable au XIXème siècle grâce à l’industrie textile. Le « Manchester polonais » (comme on le dit parfois) s’est développé sous l’influence de grands entrepreneurs comme Karol Scheibler ou Izraël Poznanski qui se sont bâtis de petits palais partout dans la ville encore visibles aujourd’hui et qui parfois peuvent être visités. Au début des années 2000, c’est la concrétisation du projet de rénovation d’anciennes usines textiles qui a offert un nouveau centre névralgique (commerces, salles de sport, salles de cinéma, bars, restaurants… : la Manufaktura.

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Kazimierz Dolny

Petit village charmant, calme et paisible situé au sud de Varsovie, sur la Wisla, où il y règne une atmosphère particulière. Kazimierz Dolny reste un endroit prisé par les artistes (on y trouve nombre de galeries de peintres comme la galeria Mazurek et autres artistes). Ce petit village conserve aussi beaucoup de traces des nombreux Juifs qui y habitaient avant 1939.

Wroclaw

Capitale européenne de la culture en 2016, Wroclaw est l’une des plus belles villes de Pologne. Un Rynek magnifique, une gare atypique, des îles, des ponts et des passerelles, une ville en harmonie avec l’Oder qui la traverse et les Krasnale qui jalonnent vos pérégrinations à travers cette ville à découvrir. La ville tend au fu et à mesure des années à devenir la « Venise polonaise », ville des amoureux qui peuvent y accrocher un cadenas sur le pont Tumski – à tel point que la ville prend parfois le surnom de ‘WrocLove’.

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« La démocratie recule, les Polonais se divisent dangereusement » par Adam Zagajewski

Le poète Adam Zagajewski s’est éteint ce dimanche 21 mars dans sa ville de Cracovie. Il avait accordé une interview à Ouest-France en 2017 (propos recueillis par Cécile RETO en février 2017).

Le facisme n’est pas très loin, avez-vous écrit. Le craignez-vous réellement ?

C’est le titre d’un poème qui m’a valu la critique déguisée de quelques journalistes et intellectuels qui considèrent que c’est exagéré… On est un peu à court de termes pour décrire la situation du pays. Parler de fascisme paraît trop historisant : les grands connaisseurs pourront toujours arguer que tous les points du fascisme ne sont pas concernés, comme l’agressivité envers d’autres pays. Pourtant, l’hostilité envers les immigrés n’est pas si différente de l’agression de Mussolini envers les étrangers…

Qu’est-ce qui a changé depuis l’arrivée au pouvoir du parti Droit et justice (PiS), en octobre 2015 ?

Le gouvernement a engagé toute une série de réformes, dont certaines sont contraires à la constitution. Il est vrai qu’une belle partie de la presse est encore libre : on a toujours la liberté d’expression. Sauf sur la télévision publique qui, elle, est devenue « goebbelsienne »… ou « poutinesque », si vous préférez. Elle est totalement aux mains du pouvoir.

La pression est-elle forte aussi sur le milieu culturel ?

Très forte et insidieuse. Prenez l’exemple de l’Institut du livre de Cracovie : il réunissait depuis quinze ans des intellectuels de haut vol, des traducteurs, qui menaient des actions pour inciter les gens à lire, dans les écoles, etc. Le gouvernement n’a pas coupé les subventions, mais il a nommé une nouvelle équipe dirigeante. L’ambiance est devenue irrespirable, la plupart des membres de l’Institut ont fini par démissionner, faute de pouvoir faire leur travail librement. C’est l’exemple très concret de la façon dont on peut saboter les fondements de la démocratie.

Avec sa réforme de l’éducation, le gouvernement prévoit aussi de revisiter les livres d’Histoire avant la rentrée de septembre…

C’est une caricature : il lance une grande réforme de tout le système en supprimant notamment le collège, ce qui va créer un vrai chaos… Une réforme colossale, juste pour faire disparaître le nom de Lech Walesa des programmes scolaires ! Ce serait drôle, si cela n’était pas aussi inquiétant.

La Pologne se renferme-t-elle sur elle-même ?

C’est le but du gouvernement. Mais la société civile, heureusement, a beaucoup rajeuni ces derniers mois. On note, avec une satisfaction amère, que s’il y a quelque chose de bon en ce moment c’est bien la renaissance de cette énergie de la société civile qui s’organise. On l’a vu avec la naissance du mouvement citoyen KOD (comité de défense de la démocratie) ou avec la Marche Noire (en octobre 2016, contre l’interdiction totale de l’avortement).

Ces mobilisations citoyennes sont-elles les prémisses d’une nouvelle forme d’opposition durable ?

Une énergie nouvelle a émergé et je ne pense pas qu’elle puisse disparaître d’un mois à l’autre. La question est plutôt : comment cette énergie va-t-elle se moduler ? Quelle forme va-t-elle prendre ?

Comme Solidarnosc dans les années 1980 ?

Oui et non. Il y a certainement des traces de cela dans ce qui émerge aujourd’hui au sein de la société. Solidarnösc était né d’une accumulation des émotions restées en hibernation depuis des dizaines d’années. Aujourd’hui, c’est différent. Le recul de notre démocratie ne date que d’une année et demie, avec l’arrivée du PiS au pouvoir.

L’opposition citoyenne est forte, mais pas générale…

La démocratie recule et la société se divise dangereusement. On ne peut nier que nombre de Polonais ne comprennent pas cette opposition qui monte. Ce n’est pas seulement le gouvernement et l’administration contre la société, mais la société elle-même est divisée. Le débat fait rage au sein des familles. À l’époque de Solidarnosc aussi, il y avait des divisions politiques, mais elles étaient moins sensibles dans les familles et les réseaux informels.

Le pays a fermé sa porte ux migrants. Cela fait-il débat au sein de la société ?

L’hostilité de nos dirigeants envers les migrants est flagrante. Sur les écrans de la télévision publique ont défilé en boucle, ces derniers mois, des images de la frontière hongroise où se massait une foule de migrants, bloquée derrière les barbelés érigés par le dirigeant hongrois Viktor Orban. Jaroslaw Kaczynski (le leader du PiS) ne cache pas son amour pour lui.

Hostile aux migrants, Kaczynski a-t-il réussi à convaincre la population ?

Il a été très habile en brandissant la peur. Ila même affirmé que les migrants apportaient des virus, des maladies ! Au sens littéral, pas comme une métaphore ! Le plus inquiétant est que ce message ne choque pas tout le monde ici…

Des Polonais prétendent vouloir préserver « l’homogénéité » du pays… Qu’en pensez-vous ?

Quelle étrange idée. Le peuple polonais n’a pas beaucoup l’expérience des autres. Notre société, avant la Seconde Guerre mondiale, n’avait rien d’homogène ! Peu de juifs sont encore ici, mais comment ne pas y songer… Puis le pays a accueilli des Tatars et aujourd’hui des travailleurs ukrainiens. Leur présence est perçue par les Polonais comme une confirmation du succès économique du pays.

Pourquoi les Ukrainiens sont-ils les bienvenus, mais pas les Syriens ou les Érythréens ?

Cela m’interroge aussi. Question de religion ? Les Ukrainiens sont pour beaucoup orthodoxes et ne sont pas perçus comme une « menace », comme peuvent l’être les musulmans. Question de peau basanée ? Je le crains, oui. La crise migratoire n’a fait que réveiller un racisme déjà présent, qui n’attendait qu’une occasion pour se manifester. Comment cet amalgame inepte entre djihad et couleur de peau peut-il être ainsi toléré par le gouvernement ?

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Rayée des cartes pendant près d’un siècle, longtemps sous la coupe de plusieurs empires, puis sous le joug de l’URSS, aujourd’hui tournée vers l’ouest et les États-Unis, la Pologne est un pays singulier, mal connu une fois les clichés habituels énoncés. S’y rendre réserve quelques surprises : des villes aux accents italiens, avec leurs immenses rynek, une côte baltique très prisée en été, des musées qui n’ont rien à envier à ceux des grandes capitales culturelles… La patrie conservatrice de Jean-Paul II renoue avec son histoire mouvementée, affiche un dynamisme étonnant, et réussit à faire coexister le lektor et Winnie l’Ourson, musique classique et disco-polo. Insolite, niezwykły !

Éditeur Cosmopole
Format 12 x 17 cm, 160 pages
Prix public TTC 11 euros
Parution 19 février 2021
Rayon Voyage/Tourisme
ISBN 9782846301688

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