APHG : La recherche historique, elle, ne ment pas ! 

APHG : La recherche historique, elle, ne ment pas !

Par Christine Guimmonet, secrétaire générale de l’APHG au nom du Bureau de l’APHG

Alors qu’Eric Zemmour multiplie les interventions médiatiques où il falsifie l’histoire, ce sont les professeurs d’histoire géographie qui ont le devoir de rétablir la vérité historique. C’est ce que rappelle Christine Guimonnet, secrétaire générale de l’APHG, association des professeurs d’histoire-géographie.

« L’historien n’est pas là pour plaire »

L’histoire, son enseignement, le travail des historiens et des professeurs sont régulièrement pris à partie et font l’objet de manipulations et de tentatives d’instrumentalisation. Les campagnes électorales sont malheureusement propices à tous les dérapages. Celle qui débute ne fait pas exception et nous assistons déjà à des falsifications d’ordinaire en usage dans les régimes politiques autoritaires ou dictatoriaux.

L’historien n’est pas là pour plaire, mais pour chercher, analyser, confronter les sources, critiquer, contextualiser, apporter des savoirs documentés et scientifiquement vérifiés. Il n’est pas là pour courber l’échine et encore moins écrire ou dire n’importe quoi. Parce qu’il procède à un travail de vérité, il est régulièrement conspué par les nationalistes, nos collègues polonais ou turcs en savent quelque chose.

Après le triste épisode des « chambres à gaz, détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », après les discours négationnistes, toujours accessibles sur internet, après les « quenelles », après les pancartes brandies dans des manifestations amalgamant le pass sanitaire à l’étoile jaune, Eric Zemmour se répand depuis des semaines dans des médias extrêmement complaisants, en se livrant, ni plus ni moins qu’à une falsification de l’histoire associée à une volonté de réhabilitation de Pétain.

« Ce n’est pas Pétain qui prenait son vélo pour avertir les familles juives »

Pétain aurait donc protégé les Juifs et en particulier les Juifs français. Entre le 27 mars 1942 et août 1944, 76 000 hommes, femmes et enfants juifs français et étrangers résidant en France ont été déportés, par 78 convois, la quasi-totalité à destination d’Auschwitz-Birkenau, et quelques-uns vers Majdanek (50 et 51), Sobibor (52 et 53) et Kaunas Reval (73).

Si les trois quarts de la population juive qui vivait en France ont pu échapper aux persécutions, rafles, arrestations, dénonciations, déportations et mise à mort, ce n’est pas grâce à celui qui dirigeait alors « l’État français », mais bien grâce au courage, à la solidarité, à la volonté, à l’action résolue de tous ces Justes, connus ou anonymes, isolés ou organisés en réseaux, qui les ont cachés, protégés.

Ce n’est pas Pétain qui prenait son vélo la nuit afin d’aller avertir des familles juives de l’imminence de leur arrestation. Ce n’est pas Pétain, qui a organisé le sauvetage des familles juives du Malzieu, de Moissac, ou encore du Chambon-sur-Lignon. Ce n’est pas Pétain qui risquait sa vie pour faire passer des enfants juifs en Suisse. Ce n’est pas Pétain qui fabriquait des faux papiers.

« Nous pensons à tous les professeurs et élèves juifs, assassinés avec leurs familles « 

Mais c’est bien Pétain qui a signé tous les textes mettant en œuvre la politique antisémite de l’État français, qui a annoté de sa main le projet de loi portant statut des Juifs du 3 octobre 1940, texte qui affirme explicitement qu’est regardé comme Juif, pour l’application de la présente loi toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de même race, si son conjoint lui-même est juif. Texte qui interdit aux Juifs l’accès et l’exercice des fonctions publiques, interdit l’exercice de nombreux métiers, révoque les fonctionnaires juifs, dont les enseignants. Le 7 octobre, un texte signé par Pétain abroge le décret Crémieux du 24 octobre 1870, dénaturalisant ainsi les Juifs d’Algérie. Le Commissariat général aux questions juives (C.G.Q.J.), créé par la loi du 29 mars 1941, était chargé de préparer et de proposer au chef de l’État, Pétain, toutes les mesures législatives concernant les Juifs, de fixer les dates de liquidation des biens juifs, de désigner les administrateurs séquestres et de contrôler leur activité

C’est toujours Pétain qui a signé le texte de loi du 2 juin 1941 remplaçant le précédent, et celui du 14 juin prescrivant le recensement des Juifs. En juillet, d’autres textes aggravent la ségrégation et l’exclusion qui les frappent. Les informations sont connues depuis très longtemps, il suffit de consulter Legifrance pour y avoir accès, quand on a la paresse de lire Robert Paxton, Serge Klarsfeld, François Bédarida, Pierre Vidal-Naquet ou Laurent Joly.

Tout est enseigné en cours d’histoire, à divers niveaux de la scolarité, avec des documents et méthodes pédagogiques adaptés à chaque niveau, du CM2 jusqu’à la terminale.

De quelle protection toutes celles et ceux dont la carte d’identité française arborait le tampon JUIF ont-ils bénéficié, sachant que la simple vue de ce document les condamnait ?

En lisant ces mensonges, nous pensons à tous les professeurs et élèves juifs, assassinés avec leurs familles.

Nous pensons aux survivants d’Auschwitz-Birkenau, qui ont témoigné dans nos classes de l’exclusion puis de la déportation qui les a frappés, preuves de l’antisémitisme et de la collaboration active de Pétain avec l’occupant nazi.

Nous nous opposerons toujours aux falsificateurs.

PS : L’APHG, anciennement SPHG, association disciplinaire professionnelle, interdite par le gouvernement nommé par Philippe Pétain, reconstituée en 1945

Varaville. Deux ouvrages sur la Pologne de Jean-Luc Sochacki

Ouest-France

Publié le 02/11/2021 à 05h24

L’auteur Jean-Luc Sochacki présentait ses deux livres, mercredi, à la bibliothèque.

Le premier, intitulé La scolarité des enfants d’immigrés polonais en 1919 et 1939, est issu de son travail de thèse de doctorat en sciences de l’éducation. Paru en février 2020, il décrit la façon « dont les Polonais ont installé des écoles en polonais pour leurs enfants dans le Calvados », indique l’auteur devenu professeur d’histoire-géographie à Falaise. « Les Polonais avaient l’optique du retour au pays. Ils ne voulaient pas perdre leur culture. » « Beaucoup d’archives de Varsovie allaient dans le même sens que les Archives du département du Calvados. J’ai été surpris à Varsovie de voir des archives sur les écoles de Mondeville, par exemple. C’est une histoire qui touche beaucoup de gens d’ici. »

Le second ouvrage est un dictionnaire de la Pologne en 192 définitions. « C’est un portrait du pays d’aujourd’hui. Ce n’est pas un guide de voyage mais il vient en supplément d’un guide de voyage », précise l’écrivain. Petit et peu épais, on y retrouve une masse d’informations et « beaucoup de liens avec la France : Napoléon, Marie Curie, de Gaulle ».

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